Poésie montagnarde

18 février 2023 – Sutton

C’était beau, toi, moi dehors
C’était beau aujourd’hui, la vue du mirador
C’était beau, toi, moi autrefois
arrêtés au sommet de cette via ferrata.

Aujourd’hui, je me suis rappelé
à quel point ça me fait du bien de bouger
sans but particulier
sauf celui de sentir monter la fierté.

Fierté de s’accomplir,
fierté de réussir,
fierté de s’être rendus là,
de s’être dépassés, pour toi, pour moi.

De marcher ça m’a rappelé la liberté,
le fait que j’étais enchaîné,
d’une certaine façon par ta sédentarité
mais particulièrement par mon oisiveté.

Il ne faut toutefois pas se méprendre:
je plaide coupable de complaisance.
Celle qui m’a gardé captif
de tes bras attentifs

C’était objectivement un choix
d’être sédentaire avec toi.
Un compromis à l’équilibre exquis
Un compromis à durée définie.

Mais lorsqu’il est venu temps de renouveler
c’est là que les choses se sont corsées
Tu as choisi de vivre autrement
Me laissant libre mais boîtant

[Retiré]

La formation de l’insomniaque

Ne vous y méprenez pas, ceci n’est pas un essai de Stanislavski, seulement un souvenir d’un livre posé tour à tour sur un bureau et sur une table de chevet.

Il y a des nuits que je ne veux pas vivre
Des nuits comme celles-ci,
Où je ne passe que de longues heures dans mon lit,
incapable de laisser le sommeil m'envahir.

Des nuits où elle revient me hanter;
Des nuits où je me répète qu'on pourrait s'aimer;
Des blocs d'heures où je regarde les restes
De toutes les promesses que l'on s'étaient faites.

C'est vrai, on était loin d'être parfaits,
mais mettons que dans le noir,
Celui qui devrait me bercer le soir,
C'est facile de recréer un nous plus-que-parfait.

Je sais que je me ments à moi même.
Toutes ces fois où je me dis ca y est!
J'ai enfin reussi à passer outre mes regrets
Je vais pouvoir dédier à une autre mes poèmes.

Mais non! C'est un vain mensonge.
Je suis toujours là, ou las, au choix
À espérer au fond de moi,
Que tu reviennes te blottir dans mes bras.

J'aimerais dire avec assurance
Que je te repousserais, que je vaux mieux que ça
Mais tout cela me vaudrait mille remontrances
De mon coeur encore trop délicat.

J'aimerais ne plus avoir besoin
de me poser cette question là :
Est-ce que je l'aime encore? Ou pas?
Cela me ferait le plus grand bien.

Mais il m'arrive encore, à mon propre désespoir,
De remonter dans ma galerie photo
Pour retrouver quelques parcelles de mémoire
Où nous étions encore si beaux.

Les après midis au Parc Laurier
Ou les nuits à ta fenêtre
Les lettres que tu as brûlées
Et ta petite façon d'être.

C'est ca qui me manque.
C'est l'extase du début.
Ces moments où on ne s'en pouvait plus,
Où il fallait qu'on le tente.

C'est les nuits comme celle-là,
Où j'aimerais te sentir contre moi,
Ta chaleur comme anesthésique
Et le rythme de ton souffle comme musique.

Ca me manque aussi ces moments intimes,
Ou on faisait l'amour tendrement,
Des moments où tout ce qui importait vraiment,
C'était aussi un peu l'origine de ces rimes.

Au moment d'écrire cette dernière strophe,
Je me suis mis à saigner du nez
Comme la première fois où on s'est rencontrés,
Même si ça ne devrait être qu'une apostrophe.

Il faut croire que quelqu'un quelque part,
À mon grand désespoir
Cherche à me faire comprendre de laisser tomber,
Que la boucle est déjà bouclée.

Je ne me ferai pas l’affront de dédier ce texte, encore une fois à quelqu’une qui ne le lira jamais et qui fait, encore aujourd’hui comme si je n’existait plus alors je vais plutôt le dédier à toutes les personnes qui n’arrivent pas à dormir, peu importe la raison avec une pensée toute particulière pour celles qui attendent toujours les pompiers de l’âme.

21…

C’était un samedi. Une de ces journées de décembre particulièrement froides à 16:14. C’est là que je suis né, il y a 21 ans jour pour jour, minute pour minute.

Vingt-et-un ans. Cela semble si court et si long à la fois… Certes il y a bien des choses dont je ne me rappelle pas, des époques que j’ai eu le temps d’oublier, des émotions que j’ai digérées, des personnes que j’ai rencontrées pendant ces 21 années.

Je vais donc commencer par les mercis… Des mercis parfois un peu lointains, pour des personnes qui ne sont pas nécessairement restées longtemps dans ma vie ou pour des personnes dont j’ai appris à reconnaître la contribution que bien plus tard.

Mille mercis

Merci d’abord à Benjamin, Emmanuel, Chloé-Marie (joyeux anniversaire d’ailleurs), Claudia, Julie-Anne, Mathieu, Charles, Alexis et Samuel et tous les autres avec qui j’ai partagé mon primaire. Merci d’avoir, à une époque où on apprend à se connaître, à s’émerveiller de tout et à prendre contact avec les autres d’avoir été là, d’avoir su supporter mon impulsivité et mes niaiseries perpétuelles. Merci d’avoir construit avec moi, ces forts dans la cour de l’école Édouard-Laurin, de m’avoir appris à dealer avec mes émotions et de m’avoir fait comprendre la valeur de l’amitié. Dans la même période, j’aimerais remercier Sylvie Lambert et Sylvie Noël qui ont été deux directrices formidables et qui ont réussi à pondre avec toutes les psychoéducatrices des plans d’intervention toujours plus créatifs que les autres. Il y a aussi Lindsay. Ah chère Lindsay, je pourrais écrire un texte complet sur à quel point tu as été une personne merveilleuse pour moi. Avec la seule année que j’ai passé dans ta classe (et on ne se mentira pas, ce n’était probablement l’année la plus reposante de ta carrière), tu as réussi à me faire croire en moi, à me faire croire en mes capacités et tu as réussi à me faire comprendre que je pouvais me faire apprécier pour qui j’étais réellement. Avec le recul, je pense sincèrement que tu étais à ce moment là, ma meilleure amie. D’ailleurs, passe le bonjour à tout le monde de ma part, mais particulièrement à ton fils qui depuis le temps, doit être devenu lui aussi une personne formidable.

Au secondaire, il y a aussi Mme Méchaly que je dois remercier. Elle qui a tout fait pour que je reste à Saint-Louis malgré tous les problèmes que je transportais avec moi. Avec elle, M. Lalonde, le surveillant qui égayait mes pauses et qui m’a ouvert les yeux sur les contradictions du monde. Il y a aussi Patrick, le gars qui s’occupait de la technique qui m’a appris les bases de la méthodologie. Alain aussi que je range parmi les adultes de ce mondes car un peu comme moi, tu étais un des incompris de notre cohorte. Tu es ce grand ami avec qui j’ai eu mon lot de différends mais qui occupera toujours une place spéciale dans mon esprit. D’ailleurs ça fait longtemps que je te dis qu’il faut qu’on se voie mais que ça adonne pas… Faut vraiment qu’on s’arrange ça avant que je parte en France… Il y a aussi M. Tremblay, à qui je dois une fière chandelle. C’est lui qui m’a fait découvrir le goût de la culture québécoise, la lecture de Michel Tremblay, la poésie et qui a permis à ma créativité de prendre son envol dans Perles Rares… C’est aussi un peu grâce à lui que je suis là, aujourd’hui à tenir ce « blog », où je parle de qui je suis et de ce que je ressens et pour ça, je lui en suis reconnaissant. Et finalement, parmi les grands adultes de cette période, il reste Martin. Martin, tu as été pour moi un confident, une bouée de sauvetage, un précieux conseiller mais surtout, un ami. Tu es celui qui m’a conseillé à travers la majorité de mes doutes amoureux des 3 ans où on a travaillé ensemble à m’améliorer. Tu es celui qui s’est battu bec et ongles pour que je sois reconnu et apprécié par la direction, tu es celui qui m’a aidé à me sortir de certains de mes moments les plus difficiles et pour ça: Merci mille fois.

Parmi les personnes étudiantes, je vais me tenir aux personnes les plus proches, celles à qui je dois des excuses, celles qui m’ont particulièrement marquées ou celles qui m’ont transformé en tant qu’individu. Je vais commencer par Mariane à qui je dois beaucoup de remerciements mais aussi d’excuses. En premier lieu, je m’excuse profondément pour mon attitude indigne envers toi en secondaire 1… Ensuite, tu as toujours été pour moi une figure particulièrement intéressante. Peut-être parce que tu as été mon premier crush du secondaire (and I oop) mais aussi parce que même au sein de ta gang, tu as toujours réussi à laisser transparaitre un côté qui m’a semblé authentique et forte. Je saurais pas vraiment l’expliquer, mais ça m’a inspiré. Ça m’a aidé à façonner la personne que je suis aujourd’hui et je tenais à ce que tu le sache. En second lieu: Teodora. Il y a tellement de choses à dire, beaucoup trop à écrire pour pouvoir tout faire rentrer dans un seul texte… Tu as été ma première véritable amoureuse, celle qui m’a accompagné en dehors de l’école pendant trois années… Trois ans de niaiseries, de complicité, d’amour. Je pense que tout le monde qui me connaissait avant qu’on sorte ensemble peut affirmer que tu m’as changé comme personne. Tu as fait de moi quelqu’un de plus posé, de plus réfléchi, de plus calme. Tu m’as appris à aimer inconditionnellement, dans les meilleurs moments comme dans les pires. Tu as su traverser toutes les épreuves que j’ai pu mettre dans ton chemin et pour ça, je te dois toute mon admiration. Je dois dire que les moments passés avec toi ont été parmi les plus agréables, que ce soit cette soirée là où on a regardé le gentil dinosaure et où on s’est embrassés pour la première fois ou simplement les Pâques orthodoxes passées à colorer des œufs. Je profite d’ailleurs pour rappeler à Jay qu’il est chanceux de t’avoir comme compagne. Je dois aussi un merci, des félicitations et des excuses à Elvira… Quelle amie tu auras été! Je me rappellerai à jamais ce mois de juin où on s’est attachés l’un à l’autre, où on a appris tous les deux à déchanter de cette chose qu’est l’amour. Je m’excuse sincèrement pour tout le mal que je t’ai fait en les mois de juin et juillet 2017, mais je veux aussi te féliciter d’être devenue celle que tu es devenue. Une personne qui s’affirme et qui n’a pas peur de mettre son pied à terre quand les choses ne vont pas dans ton sens. Ça, c’est franchement admirable et je te dis bravo! Et finalement pour le secondaire: Kari, qui ne se limite pas au secondaire mais que je place quand même ici puisque c’est là que tu as été la plus marquante. On a beau avoir deux ans de différence, des opinions divergentes sur plein de sujets, tu resteras quand même à jamais celle qui a représenté la sagesse pendant mon secondaire. Au fond tu avais peut-être raison. C’est peut-être mieux qu’on soit pas sortis ensemble parce qu’on n’avait ni l’un ni l’autre la maturité nécessaire pour pouvoir apprécier le lien qui nous unit encore aujourd’hui. Tu restes pour moi, encore cette personne qui s’est laissée désirer mais qui a su mettre son pied à terre aux bons moments et avoir la vision que je n’avais pas. Je te remercie pour ces après-midis pluvieux passés au Starbucks sur Saint-Charles et pour tous ces trajets à bord de la 211 école passés à bavasser. Par contre, sache que je t’en veux encore pour toutes ces fois où nous nous sommes dévorés du regard mais où nous nous sommes limités à un chaste sourire. Mais bon, je veux bien pardonner la seule et unique Miss Clueless.

Finalement, les quatre dernières années de ma vie. Probablement à la fois les plus difficiles et les plus amusantes de ma vie. Évidemment, j’ai ici un peu moins de recul que dans les autres sections, mais je vais faire de mon mieux. Par où commencer? Tiens! Je vais faire preuve d’audace et commencer par me remercier moi même. Me remercier d’avoir eu le courage d’assumer le fait que je valorisais moins mes études que les choses que j’aime faire. Me remercier de m’assumer pour ce que je suis et de ne jamais déroger de mes principes, même dans un milieu particulièrement militant où la pression sociale a tendance à radicaliser ceux qu’elle peut et à tasser les autres. Mais trève d’effusions, je vais commencer par remercier tout le monde de l’exec 2018-2019 de l’AECSL. Certes c’est un merci un peu amer, mais c’est aussi vous qui m’avez permis de m’éveiller au militantisme étudiant. C’est aussi vous qui m’avez envoyé en quasi burn-out à Québec, où j’ai pu me rendre compte que ce que je voulais le plus au monde, c’est m’impliquer à l’Assemblée Nationale et plus largement dans le système public. Contribuer à améliorer le sort des gens autour de moi et pour ça je vous dois quand même un merci collectif. De la même manière, je dois un gros gros merci à Camille et Anaïs qui ont cru en moi comme collègue de travail malgré certains différends et idées qui nous opposent. Cette opportunité que vous avez collectivement accepté de m’offrir en était une dont j’avais grandement besoin pour pouvoir m’épanouir non seulement professionnellement, mais aussi comme personne étudiante à Saint-Laurent. Je dois aussi remercier Ariane, Simon et Mathieu, qui encore aujourd’hui sont des collègues de travail formidables, des personnes qui m’encouragent à porter plein de projets plus fous les uns que les autres et qui sont toujours une oreille attentive aux besoins de mes semblables. Odile aussi qui est, depuis peu, une personne avec qui je prends énormément de plaisir à partager ce côté un peu plus sensible, un peu plus kitsch de moi et qui me fait réfléchir, de façon toujours plus pertinente à ma façon d’exprimer mes sentiments au monde extérieur. Ariane aussi, ma confidente des heures siamoises avec qui je partage mes pensées les plus loufoques et avec qui j’ai grand plaisir à assurer la réalisation de mon plan quinquennal. Il y a aussi PEP, avec qui on découvre des façons de briser des jeux Flash Player et qui est toujours là pour la bouffe, les bonnes idées et la bonne humeur. Je me dois aussi de remercier Danielle. Ah Danielle… Qu’est-ce que je ferais sans toi? Bien honnêtement, je crois que je serais bien embêté si on avait une autre DSAE… Merci d’être là, de prendre soin de moi, des autres étudiants qui passent la porte de ton bureau! Merci pour tous ces dîners que tu consacres à m’écouter parler de mes rêveries et des problématiques et autres situations que l’on vit au quotidien. Tu es inspirante Danielle, pas juste pour moi je crois, mais bien pour tous ceux qui te côtoient. Il y a Julie aussi! Combien d’heures passées dans ton bureau à parler de tout, de rien, de la vie et des mardes qu’elle met dans nos chemins. Merci pour tous tes conseils avisés, merci de te soucier autant de nous, de notre bien être et de notre épanouissement. Merci pour toutes ces choses là et pour toutes les autres petites choses que j’oublie qui font de toi une personne extraordinaire.

Mais bon, je ne peux pas clôturer cette section sans parler de l’éléphant dans la pièce. Celle avec qui j’ai eu le plaisir de partager mon confinement, 10 mois de ma vie et que j’ai appris à connaître presque exclusivement par la beauté de ses mots. Celle que j’ai d’abord appris à connaître à travers son profil Tinder: Jane, 19 ans. Ceux qui me suivent depuis longtemps reconnaîtront une personne qui m’a servi de muse pour plusieurs textes: Jordane. Ça m’aura pris longtemps avant de me décider à écrire ton nom ici, plusieurs mois à ruminer notre amour perdu, gâché même partiellement par ma faute. N’empêche que nous avons vécu plusieurs beaux moments pour ça et que je te dois un merci pour tous ces souvenirs impérissables. À ta mère aussi je dois un merci. Merci Josée de m’avoir généreusement hébergée chez toi pendant cette pandémie, de m’avoir permis d’apprendre à connaître Jordane comme je l’ai connue et de t’être dépassée pour t’assurer de notre bien être à nous deux. Merci aussi pour ces conversations sur le divan, devant la télé à parler du « nous » que je partageais avec ta fille à ce moment là et pour celles, toujours enrichissantes sur divers sujets de société. Mais voilà. Pour en revenir à toi, Jordane, je ne referai pas la nécrologie de notre relation puisque je l’ai déjà rédigée à même ce blog, mais je tenais quand même à t’adresser une dernière fois mes remerciements pour tout ce qu’on a partagé ensemble.

Je veux aussi remercier « at large » les personnes qui ont aidé à façonner le Mouvement des jeunes souverainistes. Les Léo, Gabrielle, Alex, Alexandrine, Louis, Charlotte, Clémentine, Florence… Tant de personnes qui ont contribué de près ou de loin à mon épanouissement personnel depuis 2020. Je tiens aussi à remercier Catherine de son écoute et de son ouverture et de son aide toujours plus précieuse ainsi qu’aux moments passés à commenter la période de questions. Ta façon de concevoir la politique en inspirera sûrement d’autres mais chose certaine, elle m’a inspiré moi. Je veux aussi remercier toutes les personnes qui sont devenues mes amis après ma rupture avec Jordane. Toutes ces personnes que j’ai rencontrées en ligne… Je pense à Dave, Annika, Nico, Steven, Phelps, BC et tous les autres avec qui j’ai eu la chance de partager une partie de ma convalescence et de mon confinement.

Les inconditionnels

Par qui est-ce que je commence? Allez, Alex. Mille mercis pour ces nuits passées dans mon auto à stresser qu’on arrive un peu trop tard chez toi et que tes parents soient déjà debout. Meri pour ces après-midi passés à manger des biscuits soda dans ton salon et à prendre des photos un peu débiles à envoyer à Teddy. Merci pour tous les conseils que tu m’as prodigués pendant qu’on était au secondaire. Merci d’être là et d’être une aussi bonne amie. Dans la même veine, merci à Émile. Mon meilleur ami de toujours avec qui j’ai passé je sais pas combien de soirées complètement high ou saoul. Émile, cette année marque notre dixième anniversaire. Ça fait déjà 10 ans qu’on a joué dans la même équipe et je ne saurais toujours pas dire à quel point je suis heureux de t’avoir encore à mes côtés, malgré toutes les conneries qu’on a pu faire chacun de notre côté. Je t’aime mon chum, merci d’être toi pis d’être là quand il faut. Il me reste deux autres personnes parmi mes meilleures amies que je me suis abstenu de nommer jusqu’à maintenant: Yoana et Beryl. Les filles, vous êtes toutes les deux des personnes extraordinaires. Sans vous, c’est certain que l’Esteban d’aujourd’hui n’existerait pas. Je vous dois tellement pour tout. Que ce soit les promenades, les après-midis, les bêtises, les fous rires ou les conseils, il me serait impossible de tous les nommer. C’est certain qu’avec la pandémie, le confinement et le cours de la vie, on s’est moins parlé dans les derniers mois, mais il faut vraiment qu’on se voit bientôt! D’ailleurs, quand est-ce qu’on part en road trip en Europe?

Dans une catégorie à part, il y a la famille… Chache, Chata, Muriel mais aussi Laurent, Marie et Suzanne, merci pour tout ce que vous avez fait pour moi au cours des 21 dernières années. Mes étés ne seraient définitivement pas les mêmes sans vous dans ma vie et il me tarde de revenir en France vous voir, pour apprendre à vous connaître un peu plus. Et à qui de droit, on se voit dans 29 jours!

Il y a aussi la famille plus ou moins éloignée… Benoît, Annie, Louis, Karina, toutes mes cousines et toutes les autres personnes du côté de ma mère qui me connaissent depuis que je suis petit et qui ont contribué à me façonner, à vous aussi je vous dois un gros merci. Merci de croire en moi, d’alimenter les soupers de familles de discussions à peu près toujours pertinentes et de me souhaiter du succès dans mes études à chaque Noël, ça m’est utile chaque année.

Grand Papa et Grand Maman. à vous deux, vous vous méritez une section toute particulière. Je sais bien qu’avant ma naissance, ça a pas toujours été facile, que ça a causé quand même pas mal de soucis à mes parents, et que tout n’a pas toujours été rose. Mais c’est aussi pourquoi je tiens à écrire ce message là particulièrement. Depuis que je suis petit, vous avez su vous occuper de moi, me faire sentir aimé, me faire sentir désiré dans ce monde. Vous m’avez offert des opportunités que personne sauf vous auriez pu m’offrir. D’ailleurs, un merci tout spécial à Grand maman pour toutes ces soirées et fin de semaines à me trimballer à Montréal pour m’amener jouer au hockey. Merci à Grand papa pour tous les matchs que tu es venu voir et pour toutes les fois où on est allés voir jouer les Pats dans cet aréna que je qualifierais aujourd’hui comme étant ma deuxième maison. Merci à vous deux d’avoir toujours été là quand j’ai eu besoin de vous. Merci pour tout à vous deux!

Je dois aussi remercier Maïté et Flora, avec qui j’ai eu droit à mon lot de disputes et de chicanes… Bien honnêtement, je ne pense pas que je serais ce que je suis si vous n’étiez pas là. Maïté pour toutes les fois ou on a fait des niaiseries ensembles et pour toutes celles où on a inventé des histoires qui se déroulaient sur trois jours quand on habitait sur Guertin et pour toutes les autres fois où tu as été là pour me conseiller, pour me consoler quand ça allait moins bien et pour toutes les autres petites choses que tu fais au quotidien (genre du Kraft Dinner ou des pâtes à la feta). Et Flora parce qu’avec toi j’ai pas eu le choix d’apprendre la rhétorique. Mettons que quand tu passes ton temps à argumenter pour rien, ça améliore cette capacité là! Tout ça pour dire que je vous aime toutes les deux, pis que je suis fier des femmes que vous êtes en train de devenir.

Enfin, papa et maman. Je sais que j’ai pas toujours été l’enfant parfait, loin de là. Que plus d’une fois j’aurais pu vous rendre chauves avec la quantité de soucis que je vous ai créés, avec toutes les bêtises que j’ai faites et avec le nombre de fois où vous avez du aller voir les directions de mes écoles. Bref, c’est à vous que je dois les plus gros merci. Je suis fier d’être votre fils, de voir toutes les choses que vous accomplissez dans la vie, que ce soit au théâtre pour toi maman ou par tes voyages papa, je suis quand même fier de vous avoir comme parents malgré nos chicanes occasionnelles. Je vous aime fort fort fort.

Maintenant…

Trêves d’effusions (et désolé si j’ai oublié quelqu’un, c’est certain qu’il y a une petite place pour toi là dedans), je veux profiter du fait d’avoir votre attention pour parler du futur. De toutes les belles choses qui m’arrivent et qui pourraient m’arriver. C’est avec une certaine fébrilité que j’entame cette 21e année de vie… J’ai hâte de voir ce que l’avenir me réserve entre mes engagements professionnels, émotionnels et politiques et toutes les autres sphères. Déjà à ce jour, vous l’aurez compris, je suis entouré de personnes plus magnifiques les unes que les autres, certaines plus proches que d’autres, certaines plus mystérieuses que d’autres (je pense ici à une personne en particulier mais je la laisserai se reconnaître ou les plus malins faire leurs propres déductions). En somme, je me tourne vers l’avenir, vers ces rencontres qui façonneront l’Esteban de demain en fonction de ce que j’étais hier. Façonner mes amours, mes peines, mes amitiés et tout ce qu’il y a autour de ça.

Je veux vous dire merci à tous et toutes. Merci pour tout. Je vous aime toustes, collectivement.

Esteban

Il y a des matins…

Il y a des matins comme aujourd'hui,
Des matins où il fait gris,
Des matins où j'aimerais me coller
Et te sentir contre moi te réveiller.

Il y a des matins comme aujourd'hui,
Des matins où le ciel est bleu,
Des matins où je voudrais, encore endormi
Contempler la beauté de tes yeux.

Il y a des matins comme aujourd'hui,
Des matins ou le ciel est  encore noir,
Des matins où je voudrais seulement te voir,
Pour que tu m'aides à combattre mes insomnies.

Il y a des matins comme aujourd'hui,
Des matins où le ciel est blanc,
Des matins où j'écris de la poésie,
Parce que j'ai besoin de détailler ce que je ressens.

Il y a des nuits comme celle-ci,
Où j'aimerais que tu viennes dans mon lit,
Où j'aimerais qu'on se caresse,
Qu'on fasse preuve de tendresse.

Il y a des nuits comme celle d'hier,
Où j'aimerais, juste pour les mois d'hiver
Sentir ton dos et tes fesses glacées,
de moi se rapprocher pour se réchauffer.

Il y a des jours comme aujourd'hui,
Que je voudrais passer dans mon lit,
À détailler tes fins contours,
À faire une centième fois l'Amour. 

Il y a des moments
Qui à l'image du présent
Ne me donnent qu'une seule envie:
Que tu entres dans ma vie.

À celle(s) que je ne connais pas encore.

Le « Nous » d’un samedi

On se connaît quand même
Juste assez pour se dire peut-être

Mais voilà que c'est sûr
Samedi je mets mes chaussures
Pour te faire, dans les rues de Montréal
Voir que je suis le chum idéal

Plus tôt je me suis surpris
À m'égarer dans mes pensées,
À commencer à espérer
Être celui pour qui tu souris

Mais avant d'espérer,
De commencer à rêver
Il faudra te séduire
Réussir à te faire rire

Et d'ici la fin de la journée
Après s'être dévorés du regard
Avant qu'il ne soit trop tard
Peut-être oserai-je t'embrasser

Feu, feu, joli feu

Des fois je m’en veux, ou plutôt j’en veux à mon cœur et à ma tête qui sont incapables de se coordonner.

Revenons à Janvier 2020. Je matche avec une fille sur Tinder, on se parle pendant trois mois sans se voir, vous pouvez vous en douter, après trois mois de discussions au sujet de tout et n’importe quoi, j’ai fini par dépasser plus que le stade du « bête sentiment » pour reprendre sa formulation à elle. En somme, après trois mois de discutailleries, j’étais déjà amoureux.

Je sais pas, dans ma tête, la présence physique n’est pas si importante. Certes l’amour est un cocktail de plusieurs choses (oui, les hormones, tout ça tout ça) mais dans ma conception, il ne nécessite pas de lien physique pour permettre la réalisation du sentiment amoureux. Ceux qui me connaissent savent que je suis un homme de lettres, pas seulement au sens figuré du terme, mais aussi au sens propre. Le sentiment d’envoyer une missive, de savoir que ce qui a été envoyé restera à jamais une trace de la relation qui s’est développée, peu importe sa nature, peu importe comment elle se termine. Ça m’a d’ailleurs blessé quand la fille que je mentionne plus haut a fait un post en disant qu’elle brûlait mes lettres d’amour. Assez, en tout cas, pour que je m’en rappelle à ce jour.

Il y a quelque chose de particulier dans le courrier, ce moyen que tout la majorité du monde aujourd’hui qualifie de désuet. Un petit quelque chose dans l’attente que cela impose, dans le délai entre l’envoi, la réception et l’éventuelle réponse. Il y a cette période de vulnérabilité où on attend, et c’est tout ce qu’on peut faire. C’est par contre aussi vrai pour toute forme d’écriture dans laquelle on est impliqué émotionnellement… Textos, poésie, prose… Tant de moyens de s’envoyer des mots doux et moins doux, à soi ou aux autres. Mais revenons à nos moutons.

Si je faisais référence à janvier 2020, c’est parce que l’histoire est cyclique et je me connais, je vais encore développer quelque chose si je refais quelque chose du genre et je crois que c’est déjà le cas. C’est pas normal qu’en écrivant des mots en pensant à toi, je sente cardiaque s’accélérer, c’est pas normal que j’essaie d’imaginer à tout bout de champ comment on fitterait ensemble. Je sais que je m’emballe et je m’en veux. Parce que notre société apprend aux hommes à ravaler leurs sentiments, à se montrer durs et intouchables émotionnellement. Ce n’est certes pas ce à quoi j’aspire mais j’aimerais être capable de ne pas m’embraser.

Voilà d’ailleurs une belle analogie, l’embrasement. J’ai l’impression d’être en feu, pas littéralement bien entendu, mais que l’enveloppe émotionnelle dans laquelle je suis l’est et que les braises tombent à mes pieds. Puis chaque fois que je t’envoie un message, je fais un pas en avant, dans ces braises brulantes en me commettant un peu trop, en étant un peu trop intense. Je sais pas pourquoi. C’est comme ça, tu m’inspires pis quand je pense à ce que tu vis, à ce que tu as vécu, ça m’inspire mille et unes poésies que je voudrais t’envoyer, même si je ne t’y crois pas disposée. Et chaque fois que j’écris, que je pense à tes mots justes, c’est une brise qui vient raviver un peu plus le feu qui m’entoure.

Au fond je suis peut-être juste comme ça, à vouloir vivre les choses intensément, à faire les efforts nécessaires pour charmer et pour plaire, pour me satisfaire aussi. C’est sûr que tout ça vient de pair mais j’aimerais ça être capable de me tempérer. De prendre ce feu et de le mettre dans un foyer, le garder vivant, le cultiver, un peu comme l’amour se cultive, mais au lieu de l’amour ou du feu, ça serait le développement de mes sentiments. J’aimerais être capable de les gérer, de contrôler la quantité de comburant que j’y mets, mais non, le vent s’acharne et continue à me brûler les pieds.

Des fois je me demande si je serais capable de me dater, de me sortir moi même de ma zone de confort si l’objectif m’était intérieur. Est-ce que je serais capable de me supporter, de ne pas m’enfuir de ma propre affection? Je ne sais pas, je ne saurai jamais parce que je suis comme un verre posé dans un bécher que l’on remplirait d’huile. À me remplir, lentement, à réapprendre à m’aimer sans être codépendant jusqu’à ce que je me rende compte que je commence à me déverser. Puis là, je dois trouver une façon d’évacuer avant de disparaitre, dans l’huile à jamais.

Donc voilà, ce que j’aimerais, être capable de me tempérer, de mitiger la façon dont mes sentiments se développent, réussir à les brider, à les contenir. J’aimerais ça aussi être capable de montrer moins d’intensité et de mieux interpréter les signes de la personne en face, mais je suppose que ça vient avec le temps. J’espère quand même que d’ici là, je n’aurai pas franchi inutilement le cap du bête sentiment.

Bouquet final

Coucou toi,

Ça y est, on y est la dernière lettre. Ça m’a pris 9 mois réussir à digérer ça pour de bon, un été complet sur la plage et bien du tourment et de la peine. Mais ce soir j’ai réalisé quelque chose tout juste en m’endormant alors que ma mémoire m’a joué un tour et a choisi de me rappeler tous les bons moments qu’on a passés ensemble.

Ça a commencé par le trajet que je devais faire pour me rendre jusqu’à chez toi puis les fois où je suis venu me geler à ta fenêtre avant que tu me fasses rentrer à travers la fenêtre pour qu’on puisse enfin se câliner jusqu’à ce que tu décides que tu doive aller te coucher. C’est comme ça aussi que je me suis rappelé la première fois où on s’est embrassés… C’était le 13 avril même si on voulait que ce soit le 15. Je me suis rappelé tout le temps que tu avais pris, à hésiter avant de parler de moi à ta mère, de toutes les fois où j’ai dû essayer de te convaincre de le faire pour que je puisse finalement venir passer la soirée avec toi à écouter Mamma Mia et à manger du Saint-Hubert… On va pas se mentir sur le coup j’ai pas trouvé que le film était particulièrement bon mais c’était quand même extraordinaire d’enfin pouvoir passer la soirée collé avec toi, en dessous de la couverte pour finalement partir à 1 h du matin avec ta mère qui te demandais quand est-ce que je partais? Des bons souvenirs des mois de printemps mais aussi des mois d’été qu’on a passé ensemble, à apprendre à se connaître, semi confinés jusqu’au mois d’octobre où Legault nous annonçait que pour les prochaines semaines on pourrait plus sortir… Tu sais le moment où mes parents m’ont imposé soit qu’on se voit plus où bien que on trouve une façon pour que l’un vienne habiter chez l’autre?

J’arrive toujours pas à me faire à l’idée que c’était peut-être ça le début de la fin. Et puis je repense à toutes ces soirée qu’on a passé à regarder od où tu m’as écouté chialer sur la façon de se comporter de Charles le leader… À partir de là, je t’ai senti glisser, tranquillement te désintéresser de la relation qu’on avait. Je ne dis pas que j’étais parfait, bien loin de là mais ça me faisait de la peine de voir prendre tes distances, de te sentir devenir peu à peu de plus en plus impersonnelle. De sentir que tranquillement tu t’éloignais de moi et que tu commençais à te recroqueviller sur toi-même. Je me suis rappelé aussi les dernières nuits où on a dormi ensemble ou je te serrais plus fort que jamais contre moi, où j’attendais un «je t’aime» avant que tu t’endormes mais qui n’est jamais arrivé. Je me rappelle encore ce que ça fait de savoir que du jour au lendemain tu pourrais décider que c’est terminé et que peu importe ce que je ferais je pourrais pas te convaincre du contraire. Je me souviens aussi au matin du 14 février, m’être demandé si j’allais chercher des fleurs ou pas sachant que dans les semaines qui allaient suivre tu allais décider de tout arrêter.

Voilà c’est comme ça que ça s’est terminé aujourd’hui on est toujours pas capable de se parler je sais pas pourquoi d’ailleurs peut-être un peu de rancœur, un peu d’amertume laissée par des mots que j’ai tenus en venant chercher des choses chez toi.

Donc voilà 9 mois plus tard, je tenais quand même à te dire merci. Merci de m’avoir fait passer à autre chose, merci de m’avoir fait grandir, merci de m’avoir faire découvrir dans un contexte que j’avais pas encore expérimenté.

Ça aura été un plaisir et si un jour tu veux reparler de ça autour d’un café bin je suis pas fermé à l’idée. Donc voilà. Merci pour tout Jordane.

En musique!

La fuite, option facile n’est-ce pas? Pourquoi rester et affronter nos instincts, se prémunir contre les imprévus et laisser tomber sa carapace, se rendre vulnérable quand on peut rester dans notre zone de confort? Peut-être parce que ça libère quelque chose de beau? Quelque chose d’imprévu, d’improvisé et de vrai? Quelque chose à laquelle la société nous a habitué à croire mais nous a démontré qu’il s’agit bien trop souvent d’un mirage?

Pourquoi s’accrocher à une idée sachant que je finirai probablement tourmenté? Pourquoi choisir de me faire porter par la créativité, me laisser emporter avec un brin de naïveté? Je ne sais pas, je ne sais plus: je suis perdu.

Alors que faire? Peut-être comme l’oiseau? Vivre d’air pur et d’eau fraiche? Mais qu’est-ce que ça mange en hiver ça, un esprit qui réfléchit? Ça serait p’t’être une question pertinente à se poser à l’approche de la froide saison? Moi qui voulais te prêter de façon un peu trop permanente mes hoodies, me voilà déçu, possiblement un peu amer. Mais bon, comme dit Renaud, c’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme.

Mais c’est au large des caps, que dis-je des caps? Des péninsules que l’on trouve le lien entre l’amertume et les sentiments, avec le Radeau de la Méduse qui nous rappelle perpétuellement que les copains passent d’abord. Mais je les envie quand même, ceux qui sont le sujet des chansons de Brassens, ceux qui vagabondent dans les parcs, sous les regards obliques des passants honnêtes. Ceux qui trouvent le moyen de s’échouer à deux sur les bancs publics. Je les envie, parfois, souvent, à tel point que j’aurais envie de traduire ABBA et l’adapter à ma situation. Pas besoin de traduire Gimme! Gimme! Gimme! pour que la référence soit claire. Je les envie, ceux qui l’ont facile, et ceux qui ont la chance de s’explorer sainement et d’explorer leur relation.

Il faut quand même donner à César ce qui revient à César, ce texte a beau être poétique, lyrique, avec quelques références musicales et théâtrales, au final je l’ai écrit un peu grâce à la personne assise à côté de moi. Certes l’exercice de mettre à plat mes pensées dans un court laps de temps est intéressant mais la poésie qui s’y retrouve est définitivement tinté par cette belle rencontre!

Et si au final c’était ça que je voulais moi aussi?

Rares sont les fois où j’écris de la poésie ciblée, dirigée et en réponse directe à une personne, mais en voici une tentative.

Des fois j'aimerais être comme ça
Tu sais, comme les gars que tu décris
Qui peuvent passer la soirée avec toi
Et te faire entendre leur voie endormie.

Oui, je reprends des morceaux de ta poésie
Je ne sais pas pourquoi, ça me tentait
Peut-être un peu par jalousie
Parce que j'aimerais avoir autant de succès.

J'aimerais être capable, de charmer une fille pour la soirée
D'être certain de me réveiller et de ne rien éprouver
Outre la satisfaction de la nuit passée
Et peut-être même lui avoir donné envie de recommencer.

Mais pour l'instant tout cela est si flou;
Parce que même si je voulais bien,
Te prendre par le visage pour t'embrasser
Et peut-être un peu te teaser
Pour l'instant ce sont ses mains
Qui sont posées autour de ton cou

Je ne sais pas
Si je saurai résister
À la tentation de rester
Mais je veux bien essayer

Et ce n'est pas une question de vouloir
Ou encore moins simplement de pouvoir
C'est un conflit de valeurs
Et peut-être un peu mon côté joueur

Il suffirait de l'assumer
Peut-être aussi de le vivre
Que tout n'est pas dans le fait de charmer
Mais peut-être un peu dans les rencontres furtives

- À la belle conne

Lettre au premier ministre bis

Monsieur le Premier Ministre,

Presque deux ans déjà que vous avez publié dans ce même journal un appel à notre génération. Vous disiez avoir entendu notre cri du cœur, notre appel à un changement profond dans les façons de faire de nos dirigeants. Vous aviez aussi déclaré : «je ne pourrais pas rester les bras croisés [face à la crise climatique] et continuer de regarder mes deux fils dans les yeux. »

Deux ans plus tard, et un an et demi après ma première lettre à ce sujet dont la seule réponse aura été un courrier de votre ministère affirmant que votre gouvernement avait un plan ambitieux en matière d’environnement, rien n’a changé si ce n’est qu’on parle maintenant de construire un troisième lien entre Québec et Lévis, que les taux d’échecs et d’incomplets atteignent des taux records dans les écoles et ce, peu importe le niveau d’éducation et que le GIEC vient à nouveau de publier un rapport alarmant.

Monsieur le Premier Ministre, vous qui nous avez dit que nous étions beaux à voir, j’aimerais vous rappeler que les manifestations qui se sont tenues le 27 septembre 2019 n’étaient ni des célébrations ni des démonstrations d’amour de la part de la jeunesse québécoise à votre égard ou à celui de la classe politique tout entière. C’était une sommation d’agir. Une sommation pour préserver ce qui peut encore l’être et nous donner une chance de peut-être, en fonction de ce que font nos voisins, laisser à nos enfants une planète vivable, parce que le climat lui, se fiche bien de l’état de l’économie. Je me permets donc de vous poser une question M. Legault : iriez-vous au-devant des journalistes affirmer que la survie de l’espèce humaine ne se fera pas aux dépens de l’économie? C’est certain que cette phrase est moins vendeuse que ce « oui, l’environnement, mais ça prend un équilibre, pas aux dépens des emplois. Ça prend du développement économique » que vous avez tout bonnement lâché à la mi-août.

Je vais me permettre de vous appeler François pour ce dernier paragraphe puisque je ne m’adresse plus ici au Premier Ministre, mais au père et à l’humain qui se cache derrière cette façade de politicien : François, en ce 24 septembre, des milliers d’étudiants et d’étudiantes descendront dans la rue pour renouveler leurs exigences. Pour exiger des personnes en position de pouvoir qu’elles prennent des actions concrètes et immédiates afin d’assurer la pérennité de notre Québec et de notre monde. François, tu es le premier ministre, tu as le pouvoir, si tu le veux de faire plus que nous écouter : tu peux répondre présent et nous aider.

M. Legault, je ne prends pas un grand risque en affirmant que même si une bonne partie de la jeunesse québécoise aimerait bien partir dans l’espace en compagnie du Capitaine Patenaude et de Bob « avec cheveux », nous préférerions tous et toutes éviter le départ du Romano-Fafard le 28 octobre 2034, que ce soit à cause de l’utilisation de « push push en cacanne » ou encore parce que notre premier ministre a choisi de privilégier quelques billets verts à un véritable virage vert.

Esteban Carrillo,

Étudiant au cégep de Saint-Laurent