Laïcité, neutralité et autres vertus

Hier soir se tenait le deuxième débat des chefs anglophones sur CBC, la chaîne anglophone de la télévision d’état. La première question du deuxième segment est dictée comme suit et posée personnellement par l’une des modératrices:

« Your campaign is about courage but you have not shown the courage to fight Quebec’s discriminatory law, it bars individuals, who, like yourself wear religious symbols from some provincial employments. If you were prime minister, would you stand back and allow another province to discriminate against its citizens? Aren’t you and frankly the other leaders on the stage putting your own party’s interest in Quebec ahead of your principles and equality rights in all citizens? »

Ce n’est pas la deuxième question que je trouve choquante, bien au contraire, elle est intéressante car on peut la rapporter à toutes les formes d’électoralisme, que ce soit au Québec ou ailleurs au Canada. Toutefois, la première partie est une toute autre affaire. On peut observer l’utilisation de mots ayant une connotation très forte tels que «discriminatory», «bars» et «fight». Je crois qu’on peut clairement affirmer, simplement par le choix de vocabulaire, que la question n’est pas neutre. Elle critique et condamne carrément la loi 21! Et cette condamnation ne vient pas de n’importe où! Elle vient carrément de la télévision d’état, en plus d’être posée par l’une des modératrices! Quand est-ce qu’on va arrêter d’essayer de nous faire croire que Radio-Canada / CBC sont neutres dans leurs propos, qu’ils font de la propagande parfois carrément haineuse envers le Québec, qu’ils contribuent à nous donner une image de « racistes » à l’extérieur de nos frontières? J’ai beau essayer de comprendre pourquoi ce média national continue à perpétuer cette image négative des Québécois et Québécoises et ce, sans jamais les montrer comme un peuple ouvert, et généreux tant que l’on n’essaie pas de leur retirer des droits, des acquis ou l’indépendance dont devraient constitutionnellement jouir les provinces et que l’on accepte de se mêler à la culture locale sans nécessairement délaisser la sienne.

Plus le temps avance, plus le «Quebec Bashing» se fait apparent, plus on se rend compte qu’en fait, le canada n’est pas aussi tolérant qu’il le prétend. Il est, en réalité, tolérant à l’immigration aux mêmes conditions que le Québec, mais à sa manière. Accepte de reconnaître la diversité culturelle, sans nécessairement vouloir accorder se statut particulier à celui qui n’est pas un « bon canadien », c’est-à-dire celui qui acceptera d’adopter l’anglais comme langue d’usage, de prêter serment à la reine Elizabeth II, et à accepter qu’au Canada, on parle Anglais. C’est cette ambivalence qui me fâche, et qui, de plus en plus, raffermit ce dégoût de cet état voisin qu’est le Canada et me pousse de plus en plus à croire que le Québec, à cause de ses différences culturelles, de ses orientations, de son histoire et de toutes sortes d’autres raisons, ne serait que mieux représenté à la table des nations, que par lui-même.