Je ne sais pas… Je ne sais pas… Je ne sais pas. Comment puis-je juger de quelque chose sans savoir sur quoi c’est basé. Comment puis-je critiquer la décision de quelqu’un qui a pris son temps? Je parle ici du cas d’Alexandre Bissonnette, le dude qui a tué 6 personnes dans une mosquée à Québec. Même cette phrase, quelqu’un pourrait la juger, de la même manière que moi ce matin en lisant l’article ou il était spécifié que les victimes étaient musulmanes. Qu’est-ce que ça change que ces personnes soient musulmanes ou non? Est-ce que ça doit avoir un impact sur notre réaction? Personnellement, je crois que non. Que ce soit des hommes, femmes ou personnes non-binaires, on devrait traiter tout le monde également car au fond, on est tous des êtres humains. Selon Statistiques Canada, la durée moyenne d’une peine d’emprisonnement pour Homicide est d’environ 6 ans et à peu près la même chose pour une tentative de meurtre. Considérant que la peine minimale pour un homicide prémédité est la prison à vie sans possibilité de libération avant 25 ans (le juge a choisi de considérer que c’était prémédité parce que Bissonnette avait toujours une balle dans son chargeur), faisons un calcul rapide. 25 ans multiplié par 6 victimes, ça fait 150 ans! Quelque chose qui est complètement inadapté dans un système où on prétend mettre la réhabilitation de l’avant. On peut donc penser que 40 ans c’est une peine clémente non? C’est là que je ne suis pas d’accord. Alexandre Bissonnette a 28 ans, donc il sortira de prison à l’âge de 68 ans. Autant dire qu’en sortant de là, soit il vivra sur l’héritage de ses parents et sur la pension de vieillesse, soit il se sera suicidé en prison. Dans les deux cas, ce n’est clairement pas de la réinsertion sociale que l’on fait, d’où la critique de sa peine que je suis en train d’écrire. Comparons à Bruce MacArthur, qui a tué et démembré 8 hommes gais, qui n’éprouve aucun remord, qui a 67 ans et qui écope de «seulement» 25 ans de prison. Est-ce qu’on parle ici de justice, d’équité ou d’égalité? Ce que je perçois, c’est que Bruce McArthur, un homme de 67 ans qui va probablement mourir avant la fin de sa peine a été condamné à 25 ans de prison ferme avant de pouvoir se faire refuser une demande de libération. C’est là que je vois deux poids deux mesures. Un homicide, c’est un homicide, peu importe qui le commet et qui il vise (à l’exclusion des personnes qui souffrent de maladies mentales). Donc pourquoi la peine de Bissonnette qui aurait encore une chance de se réinsérer dans la société à sa sortie de prison s’il était condamné à 25 ou même 30 ans est-elle plus importante que celle donnée à un tueur en série? Comme l’a dit le juge Huot, c’est une peine exemplaire. Mais pourquoi est-ce une peine exemplaire? Est-ce parce qu’on veut donner un coup au racisme anti-islam québécois ou parce que les victimes ont crié plus fort que la justice? Je pense que l’état doit impérativement arrêter de financer les institutions religieuses, de quelque nature que ce soit à l’exception des entités qui ont une valeur patrimoniale. La religion des uns n’a pas à être financée par l’argent des autres dans un état soi-disant laïc mais qui se permet tout de même de juger quelle religion en est une et laquelle n’en est pas une. Prenons pour exemple le pastafarisme, qui est de manière complètement admise une parodie de religion, mais dont les adeptes font face à une persécution étatique discriminatoire. Ainsi, un pastafarien ne peut porter une passoire sur la tête ou un foulard de pirate sur une carte d’identité alors qu’un sikh peut sans problème se faire tirer le portrait avec le turban. En bref, l’état doit être COMPLÈTEMENT laïc, et la justice ne doit pas faire de distinction selon le genre, la couleur, la religion ou tout autre facteur individuel pour des décisions pénales ou criminelles. Les médias et l’état doivent arrêter de mettre de l’avant les croyances individuelles et c’est comme ça que l’on va finir par se soigner des maux religieux.