Plus tôt aujourd’hui, j’ai été invité à rejoindre un groupe composé de jeunes souverainistes. Je ne m’attendais pas à y trouver grand chose mais les discussions semblaient intéressantes alors j’ai décidé d’y poser la question suivante:
« J’aimerais entendre vos opinions sur un sujet en particulier… Comment est-ce que vous pensez promouvoir la souveraineté. Comment percevez-vous un Québec indépendant? Et si vous deviez vous identifier à un des partis ou créer le vôtre, pourquoi celui là ou avec quelle vision dans le cas d’un nouveau parti? »
Esteban Carrillo, Mouvement des jeunes Souverainistes
Voici ma réponse:
Culture
Si je devais promouvoir la souveraineté du Québec, je commencerais par parler de l’aspect culturel. Celui qui parle de l’émancipation des peuples francophones en Amérique du nord. Pour que nous puissions créer un état rassembleur, où chacun est bienvenu, où la diversité culturelle qui forme notre «identité Québécoise» est respectée, car non, ce ne sont pas uniquement les Québécois de souche qui forment le Québec d’aujourd’hui, mais aussi les immigrants, les anglophones, les premières nations et toutes les communautés qui s’épanouissent sur notre territoire commun.
Territoire
Ensuite, je parlerais des enjeux territoriaux, du fait que nous avons l’un des sous-sols les plus riches au monde,que nous avons l’une des ressources les plus précieuses: l’eau, qu’en ce moment, si le gouvernement fédéral le souhaite, il peut nous imposer des projets dont nous n’avons pas besoin, mis aussi du fait que le Québec indépendant, pourrait légitimement réclamer le Labrador au Canada devant les tribunaux internationaux. De plus, notre position stratégique entre le Canada de l’ouest et les maritimes nous donne un sérieux avantage économique dans les négociations avec la canada et dans la protection de nos milieux naturels tels que le fjord du Saint-Laurent ou dans l’estuaire de celui-ci.
Économie
Puis j’enchaînerais avec les avantages économiques tels que l’arrêt de l’envoi de taxes au fédéral, le fait que les postes gouvernementaux ne seraient plus dédoublés et donc que nous pourrions faire des économies de l’ordre de plusieurs millions de dollars (en 2016, le Québec, en terme de PIB se trouvait au 30e rang des pays les plus riches devant Israël, Hong Kong et Singapour), que nous aurions le pouvoir de renégocier certaines ententes internationales telles que l’AÉUMC (nouvel ALENA), l’adhésion au NORAD, et mieux protéger nos industries en fonction de nos forces et de nos faiblesses. De plus, nous pourrions avoir une monnaie qui est basée sur autre chose que le pétrole (car oui, le dollar Canadien est indexé sur le cours du pétrole). Maintenant, reste à voir ce qu’il est possible de faire avec le Canada. Je crois que nous aurions intérêt certain à avoir l’équivalent d’un espace Schengen aux frontières (ça rejoint un peu l’aspect du territoire).
International
Et je terminerais sur l’aspect international, où en tant que nation, on obtiendrait un siège à l’ONU, on pourrait transformer notre réseau déjà existant de délégations en consulats et/ou en ambassades, et prendre réellement la tête d’organisations où nous sommes déjà parmi les chefs de file telles que l’OIF, et nous représenter nous même en tant que délégation aux événements internationaux tels que les Jeux olympiques, les jeux du Commonwealth ou encore les jeux de la Francophonie. Voilà comment je ferais la promotion du souveraineté (en version abrégée bien sûr)
Nouveau parti?
Ensuite, pour ce qui est de ma vision de la scène politique indépendantiste, je ne trouve mon compte dans aucun parti. Je vois le PQ comme un parti vieillissant, au bord de l’asphyxie pour avoir trop longtemps surfé sur la vague des boomers et qui pourtant, persiste à ne pas se moderniser, à continuer à viser cette même tranche d’âge, aujourd’hui courtisée par la CAQ. Du côté de QS, je trouve que leurs idées sont bonnes mais je n’aime pas leur structure. Certes elle est intéressante, mais je trouve qu’elle est source de confusion et porte atteinte à l’intégrité du parti. De plus, la base militante (et par extension le programme du parti) est trop radicale à mon goût. C’est pourquoi je fonderais un nouveau parti. Un parti qui va chercher dans toutes les classes de la société, autant chez les boomers que chez les étudiants en passant par la classe moyenne, les immigrants et les autochtones, pour que la diversité d’opinion, la manière de voir les choses et surtout, les différentes façon de concevoir et de vivre la souveraineté soient représentées au parlement. Tout cela pour éviter que l’on se ramasse avec une élite de souverainistes de longue date qui se croient toujours à l’époque de René Lévesque ou de Jacques Parizeau… C’est aussi un parti qui tiendrait des assemblées de circonscription (Un peu sur le modèle de nos Assemblées générales) mais pour le monde des circonscriptions, encore une fois dans le but de représenter la diversité d’opinion. Par ailleurs, aucune ligne de parti ne serait imposée car il serait complètement erroné de croire que tous et chacun au sein d’un même parti est d’accord avec toutes les idées! Et il ne faut pas oublier qu’avant tout, nous élisons un député plutôt qu’un parti ou un Président (dans le cas d’un Québec indépendant bien sûr). Voilà ma vision du parti souverainiste idéal, un parti à l’écoute des gens, qui est capable de reconnaître la diversité des opinions et d’y faire face tout en évitant de polariser sur ce qui devrait être un projet de société: l’indépendance du Québec.
Évidemment, tout ce texte n’est que sur la scène québécoise. Je n’aborde pas la question de la représentation du mouvement souverainiste au fédéral et ce dans le but de garder une réponse claire, unie qui peut, à certains égards faire consensus, car non, ce n’est pas en excluant certains groupes que nous arriverons à faire de notre cher Québec un état souverain.