Poésie montagnarde

18 février 2023 – Sutton

C’était beau, toi, moi dehors
C’était beau aujourd’hui, la vue du mirador
C’était beau, toi, moi autrefois
arrêtés au sommet de cette via ferrata.

Aujourd’hui, je me suis rappelé
à quel point ça me fait du bien de bouger
sans but particulier
sauf celui de sentir monter la fierté.

Fierté de s’accomplir,
fierté de réussir,
fierté de s’être rendus là,
de s’être dépassés, pour toi, pour moi.

De marcher ça m’a rappelé la liberté,
le fait que j’étais enchaîné,
d’une certaine façon par ta sédentarité
mais particulièrement par mon oisiveté.

Il ne faut toutefois pas se méprendre:
je plaide coupable de complaisance.
Celle qui m’a gardé captif
de tes bras attentifs

C’était objectivement un choix
d’être sédentaire avec toi.
Un compromis à l’équilibre exquis
Un compromis à durée définie.

Mais lorsqu’il est venu temps de renouveler
c’est là que les choses se sont corsées
Tu as choisi de vivre autrement
Me laissant libre mais boîtant

[Retiré]

Il y a des matins…

Il y a des matins comme aujourd'hui,
Des matins où il fait gris,
Des matins où j'aimerais me coller
Et te sentir contre moi te réveiller.

Il y a des matins comme aujourd'hui,
Des matins où le ciel est bleu,
Des matins où je voudrais, encore endormi
Contempler la beauté de tes yeux.

Il y a des matins comme aujourd'hui,
Des matins ou le ciel est  encore noir,
Des matins où je voudrais seulement te voir,
Pour que tu m'aides à combattre mes insomnies.

Il y a des matins comme aujourd'hui,
Des matins où le ciel est blanc,
Des matins où j'écris de la poésie,
Parce que j'ai besoin de détailler ce que je ressens.

Il y a des nuits comme celle-ci,
Où j'aimerais que tu viennes dans mon lit,
Où j'aimerais qu'on se caresse,
Qu'on fasse preuve de tendresse.

Il y a des nuits comme celle d'hier,
Où j'aimerais, juste pour les mois d'hiver
Sentir ton dos et tes fesses glacées,
de moi se rapprocher pour se réchauffer.

Il y a des jours comme aujourd'hui,
Que je voudrais passer dans mon lit,
À détailler tes fins contours,
À faire une centième fois l'Amour. 

Il y a des moments
Qui à l'image du présent
Ne me donnent qu'une seule envie:
Que tu entres dans ma vie.

À celle(s) que je ne connais pas encore.

Nuit poétesse

Saint-Denis et Ontario
Vingt heures cinquante
Intersection toujours aussi vivante
Nouvellement agrémentée de chapiteaux

Étudiants en initiation
Couples marchant main dans la main
Copains attablés, le verre à moitié plein
Un impromptu lieu de création

Mais je cherche, mieux je puise
Dans le bric à brac de mes idées
De quoi écrire dans ce petit cahier
Afin que jamais ne s'amenuise
l'instantané que j'essaie d'illustrer

Loin des tracas d'hier
Un peu trop près de ceux de demain
Les mots défilent sans faire marche arrière
De mon encéphale à ma main

Pourquoi respecter la versification
Assis, au confluent de deux mondes?
Parce que d'ignorer cette classique restriction
C'est peut-être illogique et peu méthodique
mais ça range la tête et la rend féconde
Prête à enfanter de nouveaux effets syntaxiques

Les vers courent sur le papier
Faute d'autre endroit pour se libérer
Sur cette feuille se sont retrouvés
Ces pensées quelque peu égarées

Mais je divague!
La nuit est belle, chaude même!
Elle accueille la joie, les rires
Les verres, les amitiés

Et tout ça sans même se soucier
De tout ce qui pourrait se passer
Une fois le soleil retrouvé 

Ontario / Saint-Denis, à 20h50 le 9 septembre 2021