Ne vous y méprenez pas, ceci n’est pas un essai de Stanislavski, seulement un souvenir d’un livre posé tour à tour sur un bureau et sur une table de chevet.
Il y a des nuits que je ne veux pas vivre Des nuits comme celles-ci, Où je ne passe que de longues heures dans mon lit, incapable de laisser le sommeil m'envahir. Des nuits où elle revient me hanter; Des nuits où je me répète qu'on pourrait s'aimer; Des blocs d'heures où je regarde les restes De toutes les promesses que l'on s'étaient faites. C'est vrai, on était loin d'être parfaits, mais mettons que dans le noir, Celui qui devrait me bercer le soir, C'est facile de recréer un nous plus-que-parfait. Je sais que je me ments à moi même. Toutes ces fois où je me dis ca y est! J'ai enfin reussi à passer outre mes regrets Je vais pouvoir dédier à une autre mes poèmes. Mais non! C'est un vain mensonge. Je suis toujours là, ou las, au choix À espérer au fond de moi, Que tu reviennes te blottir dans mes bras. J'aimerais dire avec assurance Que je te repousserais, que je vaux mieux que ça Mais tout cela me vaudrait mille remontrances De mon coeur encore trop délicat. J'aimerais ne plus avoir besoin de me poser cette question là : Est-ce que je l'aime encore? Ou pas? Cela me ferait le plus grand bien. Mais il m'arrive encore, à mon propre désespoir, De remonter dans ma galerie photo Pour retrouver quelques parcelles de mémoire Où nous étions encore si beaux. Les après midis au Parc Laurier Ou les nuits à ta fenêtre Les lettres que tu as brûlées Et ta petite façon d'être. C'est ca qui me manque. C'est l'extase du début. Ces moments où on ne s'en pouvait plus, Où il fallait qu'on le tente. C'est les nuits comme celle-là, Où j'aimerais te sentir contre moi, Ta chaleur comme anesthésique Et le rythme de ton souffle comme musique. Ca me manque aussi ces moments intimes, Ou on faisait l'amour tendrement, Des moments où tout ce qui importait vraiment, C'était aussi un peu l'origine de ces rimes. Au moment d'écrire cette dernière strophe, Je me suis mis à saigner du nez Comme la première fois où on s'est rencontrés, Même si ça ne devrait être qu'une apostrophe. Il faut croire que quelqu'un quelque part, À mon grand désespoir Cherche à me faire comprendre de laisser tomber, Que la boucle est déjà bouclée.
Je ne me ferai pas l’affront de dédier ce texte, encore une fois à quelqu’une qui ne le lira jamais et qui fait, encore aujourd’hui comme si je n’existait plus alors je vais plutôt le dédier à toutes les personnes qui n’arrivent pas à dormir, peu importe la raison avec une pensée toute particulière pour celles qui attendent toujours les pompiers de l’âme.